{"id":602,"date":"2016-04-20T18:30:46","date_gmt":"2016-04-20T17:30:46","guid":{"rendered":"http:\/\/francis-berezne.net\/?p=602"},"modified":"2016-04-20T18:30:46","modified_gmt":"2016-04-20T17:30:46","slug":"extrait-de-en-revenant-a-la-raison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francis-berezne.net\/?p=602","title":{"rendered":"Extrait de En revenant \u00e0 la raison"},"content":{"rendered":"<h5><em><\/em><span style=\"font-size: 10pt;\">Fichier<\/span> du 8<span style=\"font-size: 10pt;\"> mai 2009<\/span><\/h5>\n<p style=\"text-indent: 25px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00a0\u2026mais oui, c\u2019est un d\u00e9lice, je ne me prends plus pour un fou. \u00c7a vient s\u00fbrement de ce pays tranquille, de la mer, l\u00e0-bas, \u00e0 vingt minutes de marche, de ma maison, une minuscule maison de p\u00eacheur, ou de ramasseur de poireaux, un toit \u00e0 la hauteur de mon attente, et d\u2019un grand d\u00e9sespoir. Lorsque je mets ce toit de tuiles rouges sur ma t\u00eate, la vie ne se montre pas souvent rose.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-indent: 25px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">(&#8230;)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-indent: 25px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Au d\u00e9but, je dors dans un grenier glacial, mal isol\u00e9, poussi\u00e9reux et plein de toiles d\u2019araign\u00e9es, mais sans blouse blanche qui fait sa ronde \u00e0 minuit pour balayer devant elle nos r\u00eaves avec sa torche \u00e9lectrique. Et tr\u00e8s vite, pour rompre la solitude qui me p\u00e8se quand le ciel reste gris trop longtemps, je vais offrir mes services \u00e0 l\u2019\u00e9cole communale, o\u00f9 il fait chaud. Avec l\u2019accord de la directrice, et de l\u2019instituteur, en sa pr\u00e9sence, je donne le cours d\u2019arts plastiques aux \u00e9coliers. Nous r\u00e9ussissons \u00e0 peindre, \u00e0 dessiner m\u00e9taphoriquement, moi dans mon atelier, les enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole. S\u2019il arrive que la th\u00e9orie se montre h\u00e9sitante, fantaisiste, toute personnelle, ayant trouv\u00e9 joliment dr\u00f4le que m\u00e9taphore veuille dire en grec, apr\u00e8s la lumi\u00e8re, les applications de la th\u00e9orie, elles, emportent toutes les convictions. Comme quoi une th\u00e9orie fausse peut s\u2019appliquer correctement. Je leur fais voir comment le visage est aussi un paysage, le corps une g\u00e9ographie, nous regardons les arbres, les nuages, ce qu\u2019ils ont de fabuleux. Avec enthousiasme, sages comme des images, par petits groupes, ils se portraiturent, s\u2019autoportraiturent, aventurent des bonshommes sur des cartes routi\u00e8res, peinturlurent \u00e0 l\u2019envi des feuillages, barbouillent les al\u00e9as du ciel, reproduisent, aussi fid\u00e8lement que possible, l\u2019\u00e9glise du village. Je leur parle des peintres que j\u2019aime, qui m\u2019inspirent, livres de reproductions, textes en main. Nous allons voir des expositions au Mus\u00e9e de Coutances. Je m\u2019instruis et je m\u2019amuse, rattrap\u00e9 apr\u00e8s trois ans de b\u00e9n\u00e9volat par l\u2019argent, par la stupidit\u00e9 des bureaucrates, emp\u00each\u00e9 d\u2019enseigner plus longtemps, parce que personne, tranche l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie, n\u2019a le droit de remplacer l\u2019instituteur pour le cours hebdomadaire d\u2019arts plastiques. D\u00e9sormais, les jours de ciel trop bas, je ronge mon frein.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-indent: 25px;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Peu de temps apr\u00e8s la rentr\u00e9e, je rencontre le p\u00e8re d\u2019une de mes petites \u00e9l\u00e8ves, qui me raconte en hochant la t\u00eate que sa fille a une nouvelle institutrice. La petite a ramen\u00e9 de l\u2019\u00e9cole un coquetier en bois recouvert de p\u00e2te \u00e0 sel. Certes, rien n\u2019est plus beau que les travaux manuels, pensons-nous en silence, mais quand m\u00eame\u2026 <\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 12pt;\">De semaine en semaine, nous avons \u00e9tudi\u00e9 la m\u00e9taphore, nous aurions pu aborder la question du mim\u00e9tisme. Dommage.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fichier du 8 mai 2009 \u00a0\u2026mais oui, c\u2019est un d\u00e9lice, je ne me prends plus pour un fou. \u00c7a vient s\u00fbrement de ce pays tranquille, de la mer, l\u00e0-bas, \u00e0 vingt minutes de marche, de ma maison, une minuscule maison de p\u00eacheur, ou de ramasseur de poireaux, un toit \u00e0 la hauteur de mon attente, &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-602","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=602"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":603,"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/602\/revisions\/603"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=602"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=602"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/francis-berezne.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=602"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}