{"id":97,"date":"2016-03-30T13:02:28","date_gmt":"2016-03-30T12:02:28","guid":{"rendered":"http:\/\/francis-berezne.net\/?p=97"},"modified":"2016-03-30T13:19:48","modified_gmt":"2016-03-30T12:19:48","slug":"jean-fournie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francis-berezne.net\/?p=97","title":{"rendered":"Par Jean Fourni\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Pour Francis Berezn\u00e9 \/ Jean Fourni\u00e9<\/p>\n<p>Publi\u00e9 5 novembre 2010 dans Agora<\/p>\n<p>J\u2019ai rencontr\u00e9 Francis dans les ann\u00e9es 1964, 65 \u00e0 Paris. Depuis lors, \u00e0 travers les vicissitudes de nos vies respectives, nous n\u2019avons pratiquement jamais cess\u00e9 de nous voir, entretenant un compagnonnage, une complicit\u00e9 intellectuelle et affective qui ne s\u2019est jamais d\u00e9mentie.<\/p>\n<p>On peut dire que nous \u00e9tions t\u00e9moins l\u2019un de l\u2019autre.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque o\u00f9 nous sommes rencontr\u00e9s, Francis \u00e9tait engag\u00e9 dans une activit\u00e9 militante visant \u00e0 modifier les lignes de force, comme on dit aujourd\u2019hui, au sein de la soci\u00e9t\u00e9. Tr\u00e8s vite, je devais le rejoindre dans cette activit\u00e9 exaltante mais passablement incertaine, voire improbable, que constitue l\u2019engagement politique visant non seulement \u00e0 transformer la monde, mais aussi et peut \u00eatre surtout, \u00e0 changer la vie, nos vies. Mais bien vite, Francis devait se d\u00e9tourner de l\u2019action politique pour se donner corps et \u00e2me \u00e0 ce qui allait constituer le fil d\u2019Ariane, le centre de gravit\u00e9 de sa vie d\u2019Homme : la peinture.<\/p>\n<p>Il y avait l\u00e0 quelque chose de la vocation, un appel.<\/p>\n<p>Je me souviens de l\u2019\u00e9poque o\u00f9, alors qu\u2019il venait \u00e0 peine de quitter l\u2019organisation o\u00f9 nous militions et o\u00f9 il s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 sans r\u00e9serve, comme dans tout ce qu\u2019il entreprenait, ll m\u2019expliquait alors que l\u2019action politique, le militantisme, n\u2019\u00e9tait d\u00e9cid\u00e9ment pas sa voie. Ce n\u2019\u00e9tait pas pour lui, Il n\u2019\u00e9tait pas fait pour \u00e7a, alors m\u00eame qu\u2019il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 par les camarades et les responsables politiques de la petite organisation \u00e0 laquelle nous appartenions comme un \u00e9l\u00e9ment particuli\u00e8rement brillant, \u201cprometteur\u201d, comme on disait alors, par son intelligence aigu\u00eb, sa culture, son d\u00e9vouement, son abn\u00e9gation. Mais la politique n\u2019\u00e9tait pas son affaire.<\/p>\n<p>Son affaire, c\u2019\u00e9tait la peinture.<\/p>\n<p>Francis \u00e9tait peintre, sculpteur, \u00e9crivain. Mais c\u2019est sans doute la peinture qui l\u2019habitait le plus. Il avait commenc\u00e9, tr\u00e8s jeune, \u00e0 s\u2019initier \u00e0 la pratique artistique en participant \u00e0 des ateliers d\u2019art plastique aux Arts d\u00e9coratifs. Il \u00e9tait ensuite devenu l\u2019assistant de son ma\u00eetre d\u2019atelier puis, quelque temps apr\u00e8s, avait enseign\u00e9 aux Beaux Arts. Plus tard, outre des travaux d\u2019orf\u00e8vrerie et la cr\u00e9ation de bijoux dans l\u2019atelier de son oncle, rue Cadet, o\u00f9 il avait trouv\u00e9 refuge et pour lequel il avait une tendresse particuli\u00e8re, il devait r\u00e9aliser des chemin\u00e9es, plus g\u00e9n\u00e9ralement des am\u00e9nagements int\u00e9rieurs en pratiquant l\u2019art du modelage au pl\u00e2tre qu\u2019il ma\u00eetrisait parfaitement, soit sur des murs, soit en cr\u00e9ant du mobilier : tables, canap\u00e9s, banquettes, \u00e9tag\u00e8res de cuisine. Des formes toujours tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9es, a\u00e9riennes, faites de pleins et de d\u00e9li\u00e9s, toujours d\u2019un blanc immacul\u00e9. C\u2019est ainsi qu\u2019il avait, par exemple, en partie reconfigur\u00e9 et remodel\u00e9 l\u2019appartement de Jeanne Moreau.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la peinture, Francis manifestait une forme d\u2019exigence qui lui interdisait de se plier \u00e0 la mercantilisation et \u00e0 la concurrence toujours plus effr\u00e9n\u00e9e du march\u00e9 de l\u2019art, ainsi qu\u2019aux vicissitudes et aux rapports de force qui caract\u00e9risent le monde des galeries. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, je crois que Francis a toujours manifest\u00e9 une grande r\u00e9pugnance \u00e0 se trouver inclus \u2013 en dehors de la br\u00e8ve parenth\u00e8se du militantisme \u2013 qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un groupe, d\u2019un parti, d\u2019une \u00e9cole ou dans la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019appartenance n\u2019\u00e9tait pas son fort. C\u2019\u00e9tait un outsider ; il d\u00e9testait les chapelles. Peut-\u00eatre aussi avait-il peur de d\u00e9passer le simple stade de la cr\u00e9ation pour s\u2019exposer de mani\u00e8re plus frontale au jugement du public. Il organisait n\u00e9anmoins r\u00e9guli\u00e8rement des expositions, le plus souvent chez des amis, qu\u2019il avait nombreux, ou dans des lieux alternatifs, ce qui lui permettait de boucler des fins de mois toujours hautement acrobatiques. Francis avait une \u00e9conomie de moine b\u00e9n\u00e9dictin, pour autant que ces derniers soient vraiment \u00e9conomes. Les quelques sous qu\u2019il r\u00e9coltait \u00e9taient pour l\u2019essentiel consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019achat de toiles, de ch\u00e2ssis, plus r\u00e9cemment \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement de sa maison D\u2019Annoville et de son atelier, auxquels il tenait tant.<\/p>\n<p>Francis avait une vaste culture, litt\u00e9raire, picturale, cin\u00e9matographique. Il s\u2019int\u00e9ressait particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019Art brut avec lequel il entretenait une sorte de compagnonnage contrast\u00e9, fait \u00e0 la fois de distance et de fascination. Le Dit du brut, l\u2019un des livres qu\u2019il a \u00e9crit, retrace cette exp\u00e9rience. Il s\u2019\u00e9tait plusieurs fois rendu \u00e0 Lausanne, au mus\u00e9e de l\u2019Art brut, pour red\u00e9couvrir l\u2019\u0153uvre d\u2019artistes du \u201cgenre\u201d qu\u2019il connaissait et admirait : Adolf W\u00f6lfli, Gaston Chaissac, Alo\u00efse\u2026Il avait r\u00e9cemment adh\u00e9r\u00e9 &#8211; mais toujours sur la pointe des pieds &#8211; \u00e0 l\u2019association l\u2019Aracine, destin\u00e9e \u00e0 faire conna\u00eetre et \u00e0 promouvoir les \u0153uvres attach\u00e9es ou rattach\u00e9es \u00e0 l\u2019Art brut, association \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation r\u00e9cente du mus\u00e9e d\u2019Art brut de Villeneuve d\u2019Ascq.<\/p>\n<p>En dehors de son travail pictural, Francis \u00e9crivait. Il a publi\u00e9 quatre ouvrages \u00e0 La Chambre d\u2019\u00e9cho , dans lesquels il retrace, pour une bonne part, son exp\u00e9rience de la folie, sa vie erratique et vagabonde \u2013 titre de l\u2019un de ses livres &#8211; de SDF, logeant pour un temps sous les ponts, \u00e0 Joinville le Pont, pr\u00e9cis\u00e9ment. Litt\u00e9rature de t\u00e9moignage, au d\u00e9part, mani\u00e8re d\u2019exorciser l\u2019horreur de l\u2019univers carc\u00e9ral dans lequel on l\u2019avait rel\u00e9gu\u00e9 pendant de trop longues et terribles ann\u00e9es, son \u00e9criture \u00e9tait devenue au fil du temps de plus en plus ma\u00eetris\u00e9e, fluide, \u00e9pur\u00e9e, proprement \u201clitt\u00e9raire\u201d. Il avait en route un nouveau livre et je crois que le travail d\u2019\u00e9criture le mobilisait de plus en plus.<\/p>\n<p>Francis s\u2019int\u00e9ressait aussi beaucoup au cin\u00e9ma. Au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, il \u00e9tait pass\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation. Des petits films, \u00e0 budget plus que serr\u00e9, r\u00e9alis\u00e9s avec l\u2019aide de quelques amis, o\u00f9 il se mettait lui-m\u00eame en sc\u00e8ne. Ces derniers mois, il travaillait au montage de son dernier film : les Amours impossibles.<\/p>\n<p>Sujet depuis le milieu des ann\u00e9es 70 \u00e0 de profondes crises d\u2019angoisse, Francis avait fait plusieurs s\u00e9jours en h\u00f4pital psychiatrique, d\u2019abord \u00e0 la clinique de Laborde, puis, dans des conditions effroyables, \u00e0 des ann\u00e9es lumi\u00e8res de ce qui se passait \u00e0 Laborde, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de Perray-Vaucluse, o\u00f9 il est rest\u00e9 trois tr\u00e8s longues ann\u00e9es, coup\u00e9 du monde, sans aucunes visites, comme retranch\u00e9 des vivants. L\u2019ayant longuement et vainement cherch\u00e9, dans l\u2019impossibilit\u00e9 de le retrouver, c\u2019est le seul moment de notre longue amiti\u00e9 o\u00f9 la parole nous a \u00e9t\u00e9 proscrite. Nous avions perdu le contact.<\/p>\n<p>Lorsque nous avons enfin pu nous retrouver, Francis \u00e9tait m\u00e9connaissable. Il avait pris vingt bons kilos, \u00e9tait bourr\u00e9 de m\u00e9dicaments, ne parlait plus, \u00e9tait incapable de franchir une porte\u2026<\/p>\n<p>Je crois qu\u2019il a gard\u00e9 de cette exp\u00e9rience terrifiante, v\u00e9ritable exp\u00e9rience des limites, en milieu ferm\u00e9, dans les pires conditions asilaires, en m\u00eame temps qu\u2019un regard d\u00e9sabus\u00e9 sur le monde, une forme de bont\u00e9 et de sagesse, une gentillesse bonhomme qui s\u2019exprimait dans son regard et qu\u2019il savait transmettre \u00e0 ses amis. Cette \u201cconnaissance de l\u2019enfer\u201d, selon l\u2019expression de l\u2019\u00e9crivain psychiatre portugais Antonio Lobo Antunes, Francis avait peu \u00e0 peu r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019en distancer, sans pour autant jamais arriver compl\u00e8tement \u00e0 s\u2019en lib\u00e9rer. Francis \u00e9tait un rescap\u00e9. Comme les anciens d\u00e9port\u00e9s, ses nuits \u00e9taient ponctu\u00e9es de cauchemars, il \u00e9tait poursuivi par des infirmiers, ou pire encore. La peur n\u2019\u00e9tait jamais loin. Ses d\u00e9mons ou plut\u00f4t sa souffrance venaient r\u00e9guli\u00e8rement le rattraper, m\u00eame s\u2019il avait appris, au fil du temps, \u00e0 les apprivoiser, les tenir \u00e0 distance, demander de l\u2019aide \u00e0 ses amis \u00e0 chaque fois qu\u2019il en \u00e9tait besoin. Soutenu par quelques uns d\u2019entre eux, il avait ainsi peu \u00e0 peu r\u00e9ussi \u00e0 se reconstruire &#8211; quel terme abominable ! &#8211; \u00e0 retrouver une sociabilit\u00e9 qui le faisait aimer par les gens qu\u2019il rencontrait. Il avait aussi le courage rare de pouvoir parler de toute cette p\u00e9riode et plus g\u00e9n\u00e9ralement de ce qu\u2019il appelait sa folie avec les gens dont il se sentait proche, sans aucune acrimonie ni ressentiment, mais comme avec d\u00e9tachement et avec une forme d\u2019humour qui, au regard des situations dramatiques qu\u2019il d\u00e9crivait, faisait froid dans le dos.<\/p>\n<p>Francis \u00e9tait juif. Ses grands parents \u00e9taient arriv\u00e9s en France au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, fuyant les pogroms en Russie. C\u2019est peut \u00eatre de l\u00e0 \u2013 et d\u2019eux &#8211; qu\u2019il tenait cet humour \u00e0 la fois joyeux et d\u00e9senchant\u00e9 dont il avait le secret.<\/p>\n<p>Je veux rendre ici un hommage tout particulier \u00e0 sa derni\u00e8re compagne, Odile Demonfaucon, une artiste comme lui, qu\u2019il aimait, et qui a su pendant de longues ann\u00e9es, avant qu\u2019il ne vienne s\u2019installer \u00e0 Annoville, dans La presqu\u2019\u00eele du Cotentin, le soutenir, l\u2019accompagner dans sa souffrance, le supporter, l\u2019aimer.<\/p>\n<p>Ces derniers temps, lorsque nous nous rencontrions, Francis paraissait &#8211; ou en tout cas m\u2019apparaissait \u00e0 moi &#8211; relativement apais\u00e9, serein, comme r\u00e9concili\u00e9 avec lui m\u00eame. Il affichait souvent une \u00e9galit\u00e9 d\u2019humeur et une apparente jovialit\u00e9 que je me surprenais parfois \u00e0 lui envier. Il semblait enfin avoir trouv\u00e9 \u00e0 Annoville une forme de paix et de tranquillit\u00e9 qui lui convenait. Apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es de souffrances et d\u2019errance, il disposait enfin d\u2019un lieu \u00e0 lui, un lieu pour travailler, aussi modeste soit-il, et avait peu \u00e0 peu \u00e0 peu r\u00e9ussi \u00e0 tisser des liens amicaux avec les gens du voisinage. Il \u00e9tait curieux des autres, aimait au fond profond\u00e9ment les gens \u2013 et leurs histoires. Francis aimait la nature, les paysages, \u201cpaysages-visages\u201d \u2013 disait-il, les feuilles avec lesquelles il faisait des herbiers, les galets\u2026 Il adorait faire de longues promenades seul, le long des langues de mer qui bordent la r\u00e9gion et qu\u2019il avait coutume de prendre en photo. Il participait, \u00e0 sa mani\u00e8re, \u00e0 la vie de la commune en animant, pendant un temps, des ateliers d\u2019art plastique aupr\u00e8s des enfants du village. Il participait par ailleurs \u00e0 un groupe de travail autour de la revue Chim\u00e8res \u00e0 laquelle il collaborait, et se rendait r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la clinique de Laborde qui restait pour lui un p\u00f4le de r\u00e9f\u00e9rence \u2013 il manque ici la place pour parler plus avant du rapport de Francis \u00e0 la clinique de Laborde &#8211; \u00e0 l\u2019antipode de son exp\u00e9rience terrifiante \u00e0 Perray-Vaucluse, et o\u00f9 m\u00e9decins et malades, avec lesquels il animait ces derniers mois un atelier de bandes dessin\u00e9es, avaient appris \u00e0 l\u2019appr\u00e9cier.<\/p>\n<p>Cependant, la solitude lui pesait. C\u2019est peu dire. Il est toujours difficile de parler de la solitude de l\u2019autre. \u201cLe d\u00e9sespoir n\u2019a pas d\u2019ailes\u201d, comme disait Breton, avec qui nous avions fait nos premiers pas en surr\u00e9alisme. Il faisait de fr\u00e9quents aller-retour \u00e0 Paris, qui restait \u201csa\u201d ville, et o\u00f9 il disposait d\u2019un plus grand \u00e9ventail de possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9changes intellectuels et d\u2019un r\u00e9seau toujours plus large d\u2019amiti\u00e9s.<\/p>\n<p>Je me souviens d\u2019une s\u00e9rie d\u2019autoportraits o\u00f9 Francis se repr\u00e9sentait en train de faire un pied de nez. Ces pieds de nez \u00e9taient bien dans sa mani\u00e8re, \u00e0 la fois malicieuse et g\u00e9n\u00e9reuse, espi\u00e8gle, une invite \u00e0 la connivence, au partage, en m\u00eame temps qu\u2019une interpellation : \u201cEt toi\u2026alors\u2026 Quoi ?\u201d \u2013 Une question peut \u00eatre trop souvent rest\u00e9e sans r\u00e9ponse, mani\u00e8re d\u00e9j\u00e0 aussi, peut \u00eatre, de tirer sa r\u00e9v\u00e9rence.<\/p>\n<p>Je crois qu\u2019il faut consid\u00e9rer son geste ultime comme un acte de libert\u00e9, de souverainet\u00e9, un dernier pied de nez \u00e0 un monde dont il savait trop qu\u2019il ne tournait d\u00e9cidement pas rond et avec lequel il n\u2019avait jamais vraiment r\u00e9ussi \u00e0 pactiser.<\/p>\n<p>Je veux ici rendre gr\u00e2ce \u00e0 Francis, mon ami, pour tout ce qu\u2019il m\u2019a apport\u00e9 au cours de ces quarante cinq ann\u00e9es de vies entrecrois\u00e9es. La mienne, d\u00e9sormais, ne sera plus la m\u00eame.<\/p>\n<p>Salut, Francis !<\/p>\n<p>Jean Fourni\u00e9<\/p>\n<p>novembre 2010<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour Francis Berezn\u00e9 \/ Jean Fourni\u00e9 Publi\u00e9 5 novembre 2010 dans Agora J\u2019ai rencontr\u00e9 Francis dans les ann\u00e9es 1964, 65 \u00e0 Paris. Depuis lors, \u00e0 travers les vicissitudes de nos vies respectives, nous n\u2019avons pratiquement jamais cess\u00e9 de nous voir, entretenant un compagnonnage, une complicit\u00e9 intellectuelle et affective qui ne s\u2019est jamais d\u00e9mentie. 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